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samedi 13 février à 15 h 30

Bohème

Conférences Histoire de l’art par Sylvie Testamarck

Tous publics
Tarifs : 5 € - Non adhérents
 / Entrée libre - Adhérents et moins de 18 ans
3 € - Adhérents des partenaires tremblaysiens

Les figures de l’artiste et du poète déclinées en peinture.

Artisan au service d’un commanditaire durant le Moyen Âge, l’artiste médiéval ne s’efface toutefois pas complètement derrière son œuvre. De récentes études ont prouvé que les signatures dont ils se servaient parfois afin d’attester la paternité de leur ouvrage, réfuterait l’idée d’un artisan modeste ayant renoncé à toute revendication de gloire. On trouve par ailleurs dans les lettrines des livres quelques autoportraits.

Tout change cependant avec la Renaissance italienne. En 1550, la publication du livre de Vasari Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes italiens aura un impact sans précédent sur le statut de l’artiste. C’est à cette époque que se développe le concept de l’artiste s’émancipant de plus en plus de la part matérielle de son travail et promouvant la reconnaissance de l’acte artistique comme production d’une idée. En 1571, Cosme de Médicis exempte les peintres et sculpteurs florentins de la nécessité d’appartenir à une corporation, amorçant par là-même la fin prochaine des guildes d’artistes. Simultanément, on observe la multiplication des académies qui éclosent partout en Europe.

Au XIXe siècle apparait la figure de l’artiste révolté et maudit. C’est l’invention d’un mythe tenace, celui du créateur fauché, génial, solitaire et souffrant dont la figure privilégiée demeure celle de Van Gogh. À rebours de cette croyance, le peintre Gérard Garouste affirme dans son autobiographie [1] que les crises de folie ne stimulent pas le processus créatif, elles ne font que l’interrompre.

Par ailleurs, l’autoportrait contemporain est désormais un genre à part entière particulièrement exploité aujourd’hui. Dans le cas du body art ou de l’art charnel, le corps de l’artiste n’est plus seulement représenté, il devient un lieu d’expérimentation artistique : l’auteur est ici lui-même devenu œuvre.

S. T.

SYLVIE TESTAMARCK
Sylvie Testamarck est diplômée des Beaux-Arts de Paris. Travaille la sculpture jusqu’en 1992, date à laquelle elle abandonne définitivement cet outil d’expression au profit du dessin. Expose régulièrement. Assure par ailleurs des conférences sur Paris et environs. Elle est aussi professeur d’histoire de l’art à l’Université Averroès de Bondy.


[1L’Intranquille. Autoportrait d’un fils, d’un peintre, d’un fou, 2009