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samedi 23 novembre à 15 h 30

Frida et Diégo : une histoire d’amour qui se construit à travers la peinture

Conférence Histoire de l’art par Sylvie Testamarck

Ce cycle de conférences est organisé en collaboration avec la médiathèque Boris-Vian pour la réalisation des bibliographies.


Tous publics
Tarifs : 5 € - Non adhérents
 / Entrée libre - Adhérents et moins de 18 ans

Frida naît en 1907 dans la Casa Azul. Ici, chaque objet de la célèbre maison bleue dont Diego a tenu à faire un musée après la mort de son épouse (l’actuel musée Frida Kahlo), se souvient d’elle. Ce sont ces souvenirs que nous évoque l’exposition de l’Orangerie consacrée au couple mythique de Mexico.

La maladie poursuivra Frida jusqu’à la fin. Dès l’âge de 8 ans, elle est atteinte de la poliomyélite, puis, en 1925, le bus qu’elle prend pour rentrer chez elle percute un tramway. Transpercée de part en part par une tige de fer, elle fut alitée de nombreux mois. C’est à ce moment-là qu’elle commence à peindre dans ce lit à baldaquin au-dessus duquel sa mère a ajouté un miroir. Commence dès lors une longue série d’autoportraits. Diégo, rencontré en 1928, l’encourage fortement à peindre.

En 1929, Frida épouse le peintre. Il a 21 ans de plus qu’elle. Adulé comme un héros, il a aussi la réputation d’un géant, d’un dévoreur de femmes. « C’est le mariage d’un éléphant et d’une colombe » affirmera le père de Frida. Travailleur acharné, redécouvreur passionné du glorieux passé amérindien, il est l’auteur d’immenses fresques murales. Pour Kahlo, il fut « l’univers ». L’un de ses tableaux, exécuté en 1939, a d’ailleurs pour titre L’Embrasement de l’univers, la terre, moi, Diégo et monsieur Xolotl. L’infidélité de Diégo, qui eut une relation avec la propre sœur de l’artiste aboutit au divorce de 39. En 1940, l’artiste peint le célèbre Autoportrait aux cheveux coupés qui dit tout son désespoir. À la souffrance physique continuelle (les opérations chirurgicales ne cesseront de se multiplier) s’ajoute les douleurs morales.

Fin 40, néanmoins, les époux se remarièrent.

Frida fut autodidacte. Elle n’a jamais bénéficié d’une formation académique. Ses tableaux s’inspirent du monde précolombien et des motifs de la peinture populaire mexicaine. André Breton, qu’elle rencontre, l’invite à exposer avec les surréalistes. Ce qu’elle fera non sans ajouter : « Je ne peins pas mes rêves, je peins ma réalité. » Une réalité puissante et tragique, portée par l’amour inconditionnel voué à Diégo et transposée dans une peinture troublante qui ne cesse pas de nous interroger.