Accueil > Actualités > Conférences et débats > L’Espace en peinture : la perspective, invention et utilisation (...)

samedi 17 mai à 15 h 30

L’Espace en peinture : la perspective, invention et utilisation symbolique

Conférence Histoire de l’art par Sylvie Testamarck

Ce cycle de conférences est organisé en collaboration avec la médiathèque Boris-Vian pour la réalisation des bibliographies.


Tous publics
Tarifs : 5 € - Non adhérents
 / Entrée libre - Adhérents et moins de 18 ans

Quand, comment et pourquoi s’invente au XVe siècle le principe de la perspective linéaire ?

Le monde médiéval utilise fréquemment la solution de la perspective dite « inversée ». Dans ce système, les lignes, divergent au lieu de converger. Objets et figures secondaires ne rapetissent pas par rapport à l’œil du spectateur, mais en fonction du personnage central de la composition. Celui-ci étant une figure religieuse vénérée, c’est sa vision (donc sa perspective qui importe) et non celle de la personne qui contemple.

À Florence, au début du Quattrocento en 1417 environ, Brunelleschi invente un appareil optique qui ouvre la voie à une nouvelle représentation du monde qui sera codifiée par l’ouvrage d’Alberti De Pictura paru en 1435. La perspective artificielle est née : à l’ordre divin succède désormais un ordre terrestre où l’homme devint la mesure de toutes choses.
Cette solution rationnelle s’organise donc à présent à partir de l’œil du spectateur. Celui-ci est placé en un point fixe à partir duquel il contemple des objets ou des figures situés sur une surface. L’illusion de la profondeur est donnée par la diminution de la taille des objets et la convergence de lignes qui vont en se rapprochant pour se rejoindre en un point de fuite situé sur la ligne d’horizon. Avec cette formule, les êtres et les choses se situent dans un espace qui se veut comparable à l’espace réel tel qu’il se présente à un observateur.

La perspective classique dominera durant quatre siècles dans la peinture occidentale. Ébranlée par les impressionnistes puis déformée par Cézanne, mis à mal par les cubistes elle ne régira plus que de loin la représentation figurative et débouchera, dans l’art moderne, sur le problème plus général du sentiment de l’espace, nié ou recherché.

SYLVIE TESTAMARCK
Sylvie Testamarck est diplômée des Beaux-Arts de Paris. Travaille la sculpture jusqu’en 1992, date à laquelle elle abandonne définitivement cet outil d’expression au profit du dessin. Expose régulièrement. Assure par ailleurs des conférences sur Paris et environs. Elle est aussi professeur d’histoire de l’art à l’Université Averroès de Bondy.